Le mot imposture

p. 626

Dossier M – Pièce n°12

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Nom d’une vucruche ! Espèce de passiflore à cornes ! Misérable petite anthropocène du passé ! Vous avez quoi dans le crâne ? Vous ne voyez pas que tout fout le camp en ce moment même ? Qu’il n’y a plus personne que nous deux ? Vous ne me croyez pas ? Attendez ! Il me vient, là, tout de suite, certaines images.

Des tas d’images.

Vous m’écoutez ?

Quelles images ?

Ah ah ah !

Pour le dire en vrac, j’ai en tête un ministre chargé de la délinquance financière jurant les yeux dans les yeux qu’il ne possédait aucun compte caché à l’étranger et, confondu par la justice, ce ministre fut ensuite auditionné par une commission parlementaire dont il apparut peu après que celui qui la vice-présidait fraudait également le fisc et c’est pas beau ça ? Ça ne vous donne pas envie de gicler jusqu’au plafond ? De baiser jusqu’à la fin des temps pour oublier ce qui se passe là, maintenant, juste sous votre nez ? J’ai en tête une banque qui proclamait que « le progrès est l’affaire de tous » (« Progress is everyone’s business ») alors qu’elle vendait à ses clients des titres sur lesquels elle pariait secrètement à la baisse et, à la fin, le business de quelques-uns devint la triste débâcle de tous. Ah ah ah ! J’ai en tête un rappeur disant « fuck the police » et il finit par jouer un flic dans une série télévisée et qui fuck qui ? Attendez ! Rigolez ! Serrez bien les fesses ! J’ai en tête des gamins qui en massacrent d’autres dans des écoles et, sur des abribus, des publicités pour des films ou des jeux vidéo annonçant au même moment : « Licence to Kill », « Assassin’s Creed Unity », « Dressé pour tuer », et ma préférée : « Une nuit par an, le crime est légal » et, faute de date précise, cette nuit peut être n’importe quelle nuit et vous préférez quoi : la vie ou la mort ? Une nuit où l’amour, une fois par an, serait légal ? Je vous jure. Vous êtes complètement à côté de la plaque ! Vous n’avez pas encore compris ? Vous avez lu le Décaméron ? Vous savez que des scientifiques vantent publiquement les bienfaits de certains médicaments en échange de « gros retours sur investissement » qu’ils ont promis en sous-main aux labos qui les fabriquent et combien vaut la parole de la science ? Combien vaut la vôtre ? Savez-vous que tous les dirigeants des plus grandes entreprises de nouvelles technologies (Apple, Google, Microsoft, Intel…) interdisent à leurs enfants l’usage des produits qu’ils vendent au reste du monde, au prétexte qu’ils sont une menace pour la créativité, le comportement social et la concentration des enfants et qu’est-ce que ça veut dire : vendre au monde des trucs dont on ne veut pas pour ses enfants ? Quel bonheur que ces gens ! Comme ils sont formidables ! Nom de dieu. Et vous faites la mijaurée ? Mais ce n’est pas moi qu’il faut refuser : c’est tout le reste ! Vous confondez tout ! C’est trop affreux à la fin ! C’est trop de méprises ! Voyez dans quel état vous me mettez. Et le monde donc ! Qui n’est qu’immense frustration. Affreuses turpitudes. À TOUS LES NIVEAUX. C’est moi qui vous le dis. Vous voulez écouter African Reggae ? Vous connaissez Nina Hagen ? (« Wenn der schwarze Mann die schwarze Frau kastriert / AU AU CASTRACTION ! ») Eh oh ? Vous vous êtes encore évanouie ? Vous préférez de nouveau faire l’autruche ?

Attendez. J’en ai encore sous la pédale. Fallait pas provoquer Monsieur Gicle. Trop heureux, il est maintenant ! Intarissable, il est ! Pfuit pfuit. Attendez. J’ai en tête un médecin prévenant au journal de vingt heures des risques de cancer liés au tabac et, le lendemain, au même journal de vingt heures, un reportage expliquait que des plants de tabac avaient été disposés devant je ne sais plus quelle mairie afin que chaque administré puisse constater, à la gueule que tiraient les feuilles, la qualité de l’air car, expliquait un biologiste à la caméra, « le tabac fixe particulièrement bien la pollution environnementale » et vous voyez le rapport ? Vous faites le lien avec la nocivité du tabac ? Ça copule un peu au niveau de vos neurones ? Attendez ! J’ai en tête un pays qui, après avoir voté non, dû revoter immédiatement pour que le oui l’emporte enfin, mettant un coup fatal à l’idéal démocratique – et moi aussi je vais vous faire revoter. Il n’y a pas de raison ! Je n’ai pas fini ! J’ai aussi en tête un gamin dévastant un cimetière juif vêtu d’un tee-shirt sur lequel était imprimé un slogan antifasciste et j’ai en tête une femme gravant au couteau sur sa poitrine une grande croix gammée afin d’attirer l’attention sur l’agression antisémite dont elle disait avoir été victime et pourquoi être venue dans une tenue si désirable ? En string qui plus est ? Vous me rendez complètement fou. Vous savez ça ? Vous savez que, pour faire respecter l’ordre sur la voie publique et protéger le sommeil des braves gens, des municipalités installent aujourd’hui des émetteurs à ultrasons qui ciblent spécifiquement l’appareil auditif des jeunes gens, leur cassent les oreilles et leur vrillent les tympans, les obligeant à se disperser et vous entendez des ultrasons dans votre tête ? Ce sont eux qui vous font fuir ? C’est ça ? Vous savez que des haut-parleurs diffusent en permanence dans la salle de rédaction d’un prestigieux quotidien le bruit de machines à écrire devenant de plus en plus frénétiques à mesure qu’approche l’heure du bouclage, afin de pousser les journalistes à produire toujours plus vite des informations rendant compte des exploits de cette époque et je continue ou je m’arrête là ? Vous voulez toujours jouer les saintes-nitouches ? Ça vous plaît de me faire souffrir ? De nous priver tous les deux des félicités de l’amour ? De nous frustrer de façon aussi détestable et la frustration : c’est ça votre truc ? Ne pas accéder à votre désir : c’est ça votre modalité ? Vous préférez en rire ou en pleurer ? C’est au choix. Sans parler des guerres, des horreurs et des atrocités dont notre époque n’est pas moins avare qu’une autre mais dont l’effroi ne connaît plus de bornes depuis que sont systématiquement placées en première ligne les populations civiles et pourquoi ne pas vous être abandonnée dans mes bras ? POURQUOI ? C’est à cause des astres ? Vous avez lu votre horoscope ce matin et il vous mettait en garde contre moi ? Alors que c’était si beau, si bien parti, tellement parfait. Alors que nous pourrions en ce moment même être gentiment au lit et nous épancher tendrement, explorer l’un et l’autre nos corps, nous réjouir follement, sans plus nous soucier de rien. Ni du monde ni des autres. Au lieu de quoi, des images cauchemardesques me prennent maintenant la tête, sur lesquelles coller toutes sortes de mots et quels mots ? À votre avis ? Vous avez le choix. Je vous laisse réfléchir. Je vous laisse cinq minutes. Pas une de plus. Il ne faut pas exagérer. Vous n’allez pas, sur ce point aussi, me faire languir et me promettre pour plus tard la fin du tunnel. Assez que vous soyez votre propre sentinelle qui me barre le passage. Je sais que vous n’êtes faite que pour moi et je ne vais pas poireauter toute ma vie devant votre porte pour vous entendre dire à la fin : « Maintenant je pars et je ferme la porte. » Sous-entendu qu’elle serait ouverte depuis le début. Bon dieu, je ne suis pas un homme de la campagne devant la loi. Je ne suis pas un homme de la campagne. Nous ne sommes pas dans un roman de Kafka. D’autant que ce ne sont pas les mots qui manquent et

par exemple,

le mot imposture.

Ce mot-là.

Vous m’entendez ?

L’imposture comme un cynisme et le mot imposture : on le croirait inventé pour cette époque. On croirait que cette époque l’a inventé. Il unifie tout ce qui semble incohérent à première vue. Et votre attitude en premier lieu. Tout ce merdier, disons le mot. On n’en est plus à la désespérance. Eh oh, je vous parle ! Eh oh, je gicle ! Vous voulez voir comme c’est beau ? Vous ratez quelque chose, c’est moi qui vous le dis ! Vous m’écoutez ? On n’en est plus à regarder Dallas à la télévision : on est dans Dallas. Si ce n’était pas le cas, vous ne vous seriez pas refusée à moi. Vous auriez eu confiance en moi, en vous, en tout. Si ce n’était pas le cas, ils ne seraient pas si nombreux à faire ce qu’ils font en prétendant faire le contraire. Ils en auraient peut-être l’idée, mais pas avec ce sentiment d’impunité qui devient manifeste lorsqu’ils se font prendre la main dans le sac : on les voit alors éberlués. Ils ne comprennent pas ce qu’on leur reproche. Pourquoi eux ? Ils ne sont pas les seuls. Ils ne font que profiter. Comme tout le monde. Où est le problème ? Pourquoi des italiques ? Ce n’est pas de leur faute. Il ne fallait pas diffuser Dallas pendant dix ans en prime time. Tout le monde est corrompu de nos jours. Tout le monde se sent peut-être responsable, mais pas du tout coupable. C’est l’époque qui veut ça – et c’est vrai que l’époque veut ça ! Pousse à ça. Elle est un fleuve qui emporte les êtres les plus mous et les plus lâches. Ceux dont le caractère est si peu affirmé qu’ils s’imaginent devenir la force du courant en s’abandonnant à lui. Pauvres miettes de pain. Misérables homoncules. Brindilles pourries. Pfuit pfuit. À mon niveau individuel des choses, j’ignore qui de l’époque ou des individus a commencé le premier, mais ce n’est pas une raison pour vous interdire de vivre. C’est tout le contraire. C’est quand tout va mal que c’est le moment de se faire du bien. C’est Sun Tzu qui l’a dit. Vous connaissez Sun Tzu ? Hey, je vous parle.

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Nom d’une vucruche ! Espèce de passiflore à cornes ! Misérable petite anthropocène du passé ! Vous avez quoi dans le crâne ? Vous ne voyez pas que tout fout le camp en ce moment même ? Qu’il n’y a plus personne que nous deux ? Vous ne me croyez pas ? Attendez ! Il me vient, là, tout de suite, certaines images.

Des tas d’images.

Vous m’écoutez ?

Quelles images ?

Ah ah ah !

Pour le dire en vrac, j’ai en tête un ministre chargé de la délinquance financière jurant les yeux dans les yeux qu’il ne possédait aucun compte caché à l’étranger et, confondu par la justice, ce ministre fut ensuite auditionné par une commission parlementaire dont il apparut peu après que celui qui la vice-présidait fraudait également le fisc et c’est pas beau ça ? Ça ne vous donne pas envie de gicler jusqu’au plafond ? De baiser jusqu’à la fin des temps pour oublier ce qui se passe là, maintenant, juste sous votre nez ? J’ai en tête une banque qui proclamait que « le progrès est l’affaire de tous » (« Progress is everyone’s business ») alors qu’elle vendait à ses clients des titres sur lesquels elle pariait secrètement à la baisse et, à la fin, le business de quelques-uns devint la triste débâcle de tous. Ah ah ah ! J’ai en tête un rappeur disant « fuck the police » et il finit par jouer un flic dans une série télévisée et qui fuck qui ? Attendez ! Rigolez ! Serrez bien les fesses ! J’ai en tête des gamins qui en massacrent d’autres dans des écoles et, sur des abribus, des publicités pour des films ou des jeux vidéo annonçant au même moment : « Licence to Kill », « Assassin’s Creed Unity », « Dressé pour tuer », et ma préférée : « Une nuit par an, le crime est légal » et, faute de date précise, cette nuit peut être n’importe quelle nuit et vous préférez quoi : la vie ou la mort ? Une nuit où l’amour, une fois par an, serait légal ? Je vous jure. Vous êtes complètement à côté de la plaque ! Vous n’avez pas encore compris ? Vous avez lu le Décaméron ? Vous savez que des scientifiques vantent publiquement les bienfaits de certains médicaments en échange de « gros retours sur investissement » qu’ils ont promis en sous-main aux labos qui les fabriquent et combien vaut la parole de la science ? Combien vaut la vôtre ? Savez-vous que tous les dirigeants des plus grandes entreprises de nouvelles technologies (Apple, Google, Microsoft, Intel…) interdisent à leurs enfants l’usage des produits qu’ils vendent au reste du monde, au prétexte qu’ils sont une menace pour la créativité, le comportement social et la concentration des enfants et qu’est-ce que ça veut dire : vendre au monde des trucs dont on ne veut pas pour ses enfants ? Quel bonheur que ces gens ! Comme ils sont formidables ! Nom de dieu. Et vous faites la mijaurée ? Mais ce n’est pas moi qu’il faut refuser : c’est tout le reste ! Vous confondez tout ! C’est trop affreux à la fin ! C’est trop de méprises ! Voyez dans quel état vous me mettez. Et le monde donc ! Qui n’est qu’immense frustration. Affreuses turpitudes. À TOUS LES NIVEAUX. C’est moi qui vous le dis. Vous voulez écouter African Reggae ? Vous connaissez Nina Hagen ? (« Wenn der schwarze Mann die schwarze Frau kastriert / AU AU CASTRACTION ! ») Eh oh ? Vous vous êtes encore évanouie ? Vous préférez de nouveau faire l’autruche ?

Attendez. J’en ai encore sous la pédale. Fallait pas provoquer Monsieur Gicle. Trop heureux, il est maintenant ! Intarissable, il est ! Pfuit pfuit. Attendez. J’ai en tête un médecin prévenant au journal de vingt heures des risques de cancer liés au tabac et, le lendemain, au même journal de vingt heures, un reportage expliquait que des plants de tabac avaient été disposés devant je ne sais plus quelle mairie afin que chaque administré puisse constater, à la gueule que tiraient les feuilles, la qualité de l’air car, expliquait un biologiste à la caméra, « le tabac fixe particulièrement bien la pollution environnementale » et vous voyez le rapport ? Vous faites le lien avec la nocivité du tabac ? Ça copule un peu au niveau de vos neurones ? Attendez ! J’ai en tête un pays qui, après avoir voté non, dû revoter immédiatement pour que le oui l’emporte enfin, mettant un coup fatal à l’idéal démocratique – et moi aussi je vais vous faire revoter. Il n’y a pas de raison ! Je n’ai pas fini ! J’ai aussi en tête un gamin dévastant un cimetière juif vêtu d’un tee-shirt sur lequel était imprimé un slogan antifasciste et j’ai en tête une femme gravant au couteau sur sa poitrine une grande croix gammée afin d’attirer l’attention sur l’agression antisémite dont elle disait avoir été victime et pourquoi être venue dans une tenue si désirable ? En string qui plus est ? Vous me rendez complètement fou. Vous savez ça ? Vous savez que, pour faire respecter l’ordre sur la voie publique et protéger le sommeil des braves gens, des municipalités installent aujourd’hui des émetteurs à ultrasons qui ciblent spécifiquement l’appareil auditif des jeunes gens, leur cassent les oreilles et leur vrillent les tympans, les obligeant à se disperser et vous entendez des ultrasons dans votre tête ? Ce sont eux qui vous font fuir ? C’est ça ? Vous savez que des haut-parleurs diffusent en permanence dans la salle de rédaction d’un prestigieux quotidien le bruit de machines à écrire devenant de plus en plus frénétiques à mesure qu’approche l’heure du bouclage, afin de pousser les journalistes à produire toujours plus vite des informations rendant compte des exploits de cette époque et je continue ou je m’arrête là ? Vous voulez toujours jouer les saintes-nitouches ? Ça vous plaît de me faire souffrir ? De nous priver tous les deux des félicités de l’amour ? De nous frustrer de façon aussi détestable et la frustration : c’est ça votre truc ? Ne pas accéder à votre désir : c’est ça votre modalité ? Vous préférez en rire ou en pleurer ? C’est au choix. Sans parler des guerres, des horreurs et des atrocités dont notre époque n’est pas moins avare qu’une autre mais dont l’effroi ne connaît plus de bornes depuis que sont systématiquement placées en première ligne les populations civiles et pourquoi ne pas vous être abandonnée dans mes bras ? POURQUOI ? C’est à cause des astres ? Vous avez lu votre horoscope ce matin et il vous mettait en garde contre moi ? Alors que c’était si beau, si bien parti, tellement parfait. Alors que nous pourrions en ce moment même être gentiment au lit et nous épancher tendrement, explorer l’un et l’autre nos corps, nous réjouir follement, sans plus nous soucier de rien. Ni du monde ni des autres. Au lieu de quoi, des images cauchemardesques me prennent maintenant la tête, sur lesquelles coller toutes sortes de mots et quels mots ? À votre avis ? Vous avez le choix. Je vous laisse réfléchir. Je vous laisse cinq minutes. Pas une de plus. Il ne faut pas exagérer. Vous n’allez pas, sur ce point aussi, me faire languir et me promettre pour plus tard la fin du tunnel. Assez que vous soyez votre propre sentinelle qui me barre le passage. Je sais que vous n’êtes faite que pour moi et je ne vais pas poireauter toute ma vie devant votre porte pour vous entendre dire à la fin : « Maintenant je pars et je ferme la porte. » Sous-entendu qu’elle serait ouverte depuis le début. Bon dieu, je ne suis pas un homme de la campagne devant la loi. Je ne suis pas un homme de la campagne. Nous ne sommes pas dans un roman de Kafka. D’autant que ce ne sont pas les mots qui manquent et

par exemple,

le mot imposture.

Ce mot-là.

Vous m’entendez ?

L’imposture comme un cynisme et le mot imposture : on le croirait inventé pour cette époque. On croirait que cette époque l’a inventé. Il unifie tout ce qui semble incohérent à première vue. Et votre attitude en premier lieu. Tout ce merdier, disons le mot. On n’en est plus à la désespérance. Eh oh, je vous parle ! Eh oh, je gicle ! Vous voulez voir comme c’est beau ? Vous ratez quelque chose, c’est moi qui vous le dis ! Vous m’écoutez ? On n’en est plus à regarder Dallas à la télévision : on est dans Dallas. Si ce n’était pas le cas, vous ne vous seriez pas refusée à moi. Vous auriez eu confiance en moi, en vous, en tout. Si ce n’était pas le cas, ils ne seraient pas si nombreux à faire ce qu’ils font en prétendant faire le contraire. Ils en auraient peut-être l’idée, mais pas avec ce sentiment d’impunité qui devient manifeste lorsqu’ils se font prendre la main dans le sac : on les voit alors éberlués. Ils ne comprennent pas ce qu’on leur reproche. Pourquoi eux ? Ils ne sont pas les seuls. Ils ne font que profiter. Comme tout le monde. Où est le problème ? Pourquoi des italiques ? Ce n’est pas de leur faute. Il ne fallait pas diffuser Dallas pendant dix ans en prime time. Tout le monde est corrompu de nos jours. Tout le monde se sent peut-être responsable, mais pas du tout coupable. C’est l’époque qui veut ça – et c’est vrai que l’époque veut ça ! Pousse à ça. Elle est un fleuve qui emporte les êtres les plus mous et les plus lâches. Ceux dont le caractère est si peu affirmé qu’ils s’imaginent devenir la force du courant en s’abandonnant à lui. Pauvres miettes de pain. Misérables homoncules. Brindilles pourries. Pfuit pfuit. À mon niveau individuel des choses, j’ignore qui de l’époque ou des individus a commencé le premier, mais ce n’est pas une raison pour vous interdire de vivre. C’est tout le contraire. C’est quand tout va mal que c’est le moment de se faire du bien. C’est Sun Tzu qui l’a dit. Vous connaissez Sun Tzu ? Hey, je vous parle.

2017-08-14T09:32:33+00:00